LES ORGANISMES GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS

                 De nos jours, les OGM occupent une place importante dans la vie des populations européennes. En effet, ils suscitent peurs, curiosités et symboles des nouvelles technologies. Dans un premier temps nous verrons les risques encourus par la diffusion et la consommation d’OGM, puis les réactions des populations et enfin nous montrerons les organismes transgéniques comme un des symboles de la mondialisation économique.

I-Risques encourus par la diffusion et la consommation d’ OGM

         La France a, depuis le 05/02/1998, autorisé la culture du maïs résistant à la pyrale de norvatis, c ‘est à dire à un papillon. Ce maïs produit en effet son propre insecticide grâce à un gène d’ une  bactérie découverte par Starling,  présente dans le sol. Ce gène produit une protéine, le crénofcé, empoisonnant les larves. Comme beaucoup d’autres plantes génétiquement modifiées, ce maïs donne donc lieu à une pollution de l’environnement.

Les OGM peuvent aussi agir en temps que vaccin. Pour cela, on introduit dans la plante un gène qui va produire une substance permettant de vacciner différemment une maladie spécifique qui attaque la plante. Actuellement, nous ne savons pas encore comment certains organismes, comme le corps humain, vont réagir et il se peut que ces vaccins présents en trop grandes quantités dans la nature deviennent inopérants. L’augmentation des utilisations d’herbicides et d’insecticides entraînera une plus grande pollution des sols et des nappes phréatiques.

De plus un agriculteur peut voir sa production, issue de l’agriculture biologique, polluée par les OGM lors du transport de semences ou de la pollinisation. D’après l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments, 41% des semences actuelles comportent déjà des traces d’OGM. Les organismes génétiquement modifiés polluent donc les productions non transgéniques.

Dans un avenir proche, l’utilisation des OGM entraînera de grandes conséquences dans le monde agricole, en ce qui concerne la production des légumes. En effet, les légumes pourront être produits, et non cultivés, dans des usines en l’absence de terre ; comme cela commence déjà à se faire avec les cultures hors-sols. L’ouvrier agricole pourrait donc devenir un « moléculteur » au lieu d’un agriculteur.

Les risques alimentaires sont peu connus car les études faites à ce sujet sont encore trop récentes. Il faut donc, pour éviter tout risques, appliquer le principe de précaution.

Les nouveaux organismes donnent lieu à de nouvelles allergies. Les OGM découverts par Starling sont interdits dans l’alimentation, or nous en trouvons quand même. Des allergies se développent donc ; par exemple 50 personnes ont été intoxiquées aux Etats-Unis et des corps couverts de plaques rouges accompagnés d’une baisse de tension ont été découverts. Introduire un gène dans un organisme pourrait donc provoquer la production de toxines dans le corps humain.

Pour finir, nous pouvons déceler la présence d’antibiotiques dans les OGM. Dans certains maïs transgéniques se trouvent un gène résistant commun à l’homme : l ‘ampiciline. Les études, menées par l’OMS, sur les antibiotiques montrent que ceux-ci deviennent de moins en moins efficaces et les bactéries qui y sont soumises deviennent insensibles au bout d’un certain temps.

II- Réactions des populations 

            Depuis le 1er septembre 1998, les OGM doivent être obligatoirement mentionnés sur les étiquettes des produits à partir de 1%. Les consommateurs ne sont pas toujours bien informés sur les produits contenant moins de 1% d’OGM et ne peuvent donc pas choisir en connaissance de cause leurs produits de consommation. De toutes manières nous ne savons plus faire de production sans OGM, mis à part les produits issues de l’agriculture biologique, notés AB, qui en sont exempts. Pour mettre fin à cette désinformation les citoyens français voudraient donc instaurer un étiquetage plus clair et plus fiable, les cultivateurs souhaitent la continuité des recherches afin de pouvoir augmenter leurs productions.

            D’après un sondage du TMO (CSA) réalisé en avril 1999 ; 24% sont franchement anti-OGM et 32% sont méfiant et inquiets vis à vis des informations fournis par les emballages alimentaires. Aussi en 1998, 75% des Britanniques ont exigés  une interdiction des OGM jusqu’à ce qu’on ait défini plus précisément ce qu’il résulte de ces productions.

            Dans l’ensemble, les Européens sont donc opposés à la production et à l’utilisation d’organismes génétiquement modifiés.

            Par ailleurs, le 26 août 2001, à Cléon-d’Andran dans la Drôme, la confédération paysanne a arraché illégalement une parcelle de maïs transgénique. Ces plants étant destinés à la recherche, le ministre de la recherche, Roger-Gérard Schwarzenberg, a déploré ces destructions car il faut que les scientifiques puissent déterminer précisément les avantages et les risques éventuels des OGM. Le ministre de l’agriculture, Jean Glavany, a eu de son côté une réaction plus nuancée, il a en effet dit qu’il fallait «  faire un tri parmi les essais d’OGM ».

            Peut-être faudrait il donc étudier les risques à l’intérieur d’une serre ou d’un laboratoire ? Peut-être est-il encore trop tôt pour faire des essais en plein champ parmi des cultures plus traditionnelles ?

            De récentes décisions ont été prises par les gouvernements européens au sujet de la sécurité alimentaire que représentent les OGM.

            En avril 1997, le Parlement Européen a demandé à la Commission européenne de suspendre la décision du marché d’autoriser le maïs génétiquement modifié Novartis. Suite à cela la France a demandé, en novembre 1997, un délai sur le développement commercial de toutes les cultures génétiquement modifiées à l’exception du maïs Novartis. Enfin, en septembre 1998, le Conseil d’état, l’instance administrative la plus haute de France, a suspendu l’autorisation de cultiver le maïs précédent en France jusqu’à ce qu’un verdict final soit énoncé.

Afin d’appliquer une même loi dans toute l’Europe et donc, faciliter le commerce international des aliments, une solution est en projet : développer une «  démocratie alimentaire », cela consisterait à donner aux citoyens la possibilité de faire entendre leurs craintes et à élaborer ensemble ce qui est bon pour nous. En juin 2001, le Conseil Européen Agriculture et Pêche a annoncé le prochain lancement de l’Autorité alimentaire européenne qui fonctionnera dès 2002. Elle nécessitera un personnel de 250 membres et un budget annuel initial de 40 millions d’euros. Ce service devra fournir des conseils indépendants sur la sécurité alimentaire, le bien-être animal, la nutrition et les OGM, à la Commission, au Parlement européen et aux Etats membres. Elle fournira des conseils techniques relatifs à l’alimentation, collectera et analysera les données relatives à la sécurité alimentaire, identifiera les risques émergents et lancera des alertes rapides, assistera la Commission en cas de crise et communiquera avec le public sur tous les sujets de sa compétence.

Les autorités commencent donc à réagir et à mettre en place des solutions.

         III- Les OGM dans l’économie mondiale

La sécurité alimentaire devient un véritable enjeu dans la guerre économique.

En effet la mise sur le marché d’organismes génétiquement modifiés pourrait permettre une augmentation de la production et donc des revenus des agriculteurs mais aussi une baisse des prix des denrées alimentaires. C’est pourquoi en 2000, 60 millions d’ha ont été consacrés à la cultures d’OGM dont 81% en Amérique du Nord, 8% en Amérique Latine, 10% en Asie et1% en Europe. Les industriels américains pensent perdre, avec les cultures normales, environ 500 millions de francs par an. De plus la France, 2nd producteur agricole mondial, ne pourra plus lutter à armes égales face aux Etats-Unis si cette fabrication d’OGM n’est pas autorisée en France.

Ces cultures pourraient peut-être diminuer la faim dans le monde et la pollution due aux pesticides. Le refus de la consommation de ces produits provient de l’ignorance  et de la peur qui émane des ces nouveaux aliments. Aussi la peur des OGM entraîne d’autres peurs pas forcément assimilables comme la peur des zoonoses, par exemple la maladie de la vache  « folle » qui peut-être transmise de l’animal à l’homme.

         La sécurité alimentaire, au sujet des OGM, n’est pas encore assurée au sein de l’Europe. En effet, les risques sont encore mal définis, la population est mal informée et les réactions de la population mondiale et des gouvernements sont très hétérogènes. D’après une enquête de la SOFRES, en 1999, 66% des français estimaient seulement que l’on mangerait  « un peu ou beaucoup moins bien » dans les années qui viennent.

  Aude Chollet, Mathilde Brosset, Céline Lesueur, Dorothée Lacombe,  Jérémy Marin, TS4